La signalisation ferroviaire suisse est régie par les Prescriptions suisses de circulation des trains (PCT), édictées par l'Office fédéral des transports (OFT). On vous propose ici un tour d'horizon des principaux signaux que vous pouvez croiser le long des voies en Suisse.
Deux systèmes, une transition en cours
La Suisse a longtemps utilisé le Type L, un système basé sur des combinaisons de feux verts et orange. Depuis 1986, il est progressivement remplacé par le Type N, qui n'indique plus les vitesses par une combinaison de couleurs, mais par une seule couleur accompagnée, si nécessaire, d'un chiffre.
Le signal principal
De forme allongée ou ronde, c'est lui qui donne l'ordre d'exécution : autoriser ou non un train à poursuivre sa marche. En Type N, ses aspects sont :
Feu vert = voie libre, vitesse maximale autorisée
Feu vert + chiffre = voie libre à vitesse réduite (le chiffre multiplié par 10 donne la vitesse en km/h)
Feu rouge = arrêt obligatoire
Le signal avancé
De forme carrée (Type L) ou entouré d'un carré blanc (Type N), il annonce par anticipation ce que montrera le signal principal suivant :
Feu orange = avertissement, préparez-vous à un arrêt ou une réduction de vitesse
Feu orange + chiffre = annonce d'une vitesse réduite à venir
Orange + barre horizontale = itinéraire court ou voie occupée
Orange + V = préavertissement
Particularité du Type N : un signal principal n'est pas forcément précédé d'un signal avancé dédié, contrairement au Type L où l'association est systématique.
Le signal auxiliaire
Il arrive qu'un signal principal reste au rouge à la suite d'une défaillance technique alors que la voie est en réalité libre. Dans ce cas, un signal auxiliaire peut être activé pour autoriser le franchissement du signal d'arrêt : le train reprend alors sa marche à vue, à une vitesse maximale de 40 km/h.
Le signal de barrage et les signaux nains
Le signal de barrage protège des portions de voie, des aiguilles ou des passages à niveau, aussi bien pour les trains que pour les manœuvres ; il peut être mécanique ou lumineux. Les signaux nains, eux, protègent des itinéraires verrouillés par un poste d'enclenchement et présentent trois images possibles : arrêt, avancer prudemment, avancer.
La signalisation de manœuvre
Les mouvements de manœuvre obéissent à des règles de vitesse spécifiques, distinctes de celles des trains en pleine ligne : 30 km/h en gare (exceptionnellement 40 km/h), et 60 km/h en pleine voie. Dans les zones équipées d'ETCS, les signaux de manœuvre ressemblent aux signaux nains classiques, à deux différences près : leurs lampes sont bleues, et ils ne s'ouvrent que pour les mouvements de manœuvre.
Quand la signalisation ne suffit plus : le formulaire d'ordres
Dans certaines situations exceptionnelles, le chef-circulation peut émettre un formulaire d'ordres — hiérarchiquement supérieur à toute signalisation — pour autoriser explicitement le franchissement d'un signal d'arrêt ou toute autre dérogation aux règles habituelles.
Vers la signalisation en cabine
La signalisation latérale classique est limitée à 160 km/h. Au-delà, la signalisation en cabine devient obligatoire : c'est l'ETCS de niveau 2, qui transmet directement les informations au conducteur via l'écran de bord plutôt que par des feux au bord de la voie, comme c'est déjà le cas dans le tunnel de base du Saint-Gothard. Des panneaux dédiés marquent le début et la fin de ces zones équipées.